Linéaire B en ligne – générateur de syllabaire

Linéaire B : saisissez des syllabes comme ka-ro-te et voyez les signes du grec mycénien. Découvrez les règles et limites du syllabaire.

Un signe, c’est une syllabe entière

Pourquoi les palais mycéniens avaient-ils besoin d’une écriture ?

L’écriture est apparue en Grèce mycénienne là où commençait l’administration : dans les archives du palais. Les tablettes dressent des inventaires de grain, d’huile, de moutons et de personnes — ce que le palais administrait et devait justifier. À côté des signes syllabiques, elle employait donc des logogrammes pour des marchandises entières et des chiffres distincts, car dans un relevé pareil ce qui compte, c’est quoi et combien.

Comment fonctionne l’écriture par syllabes ?

Saisissez des syllabes séparées par des traits d’union, par exemple « ka-ro-te », et le générateur transforme chacune en un signe. La correspondance part de la syllabe la plus longue possible : les signes composés comme « dwe » ou « pte » l’emportent sur les plus courts. Les caractères absents de l’ensemble traversent l’outil sans changement.

Exemple : ka-ro-te et re-bu-so

« ka-ro-te » donne 𐀏𐀫𐀳 : trois syllabes, trois signes. « re-bu-so » donne 𐀩b𐀄𐀰, car le générateur actuel ne ramène pas B à la série historique P et laisse cette lettre inchangée. Le véritable linéaire B employait la même série pour P, PH et B ; la syllabe /bu/ serait donc approchée par le signe « pu ».

Syllabes disponibles dans le générateur

La ligne supérieure présente la syllabe en lettres latines et la ligne inférieure le signe correspondant. Des séries entières s’y lisent : cinq voyelles, puis les colonnes da–du, ka–ku, ma–mu et les autres, complétées par quelques signes composés.

Syllabes et signes du linéaire B
Syllabeaeioudadedidodujajejojukakekikokumamemimomunaneninonupapepipopuqaqeqiqorarerirorusasesisosutatetitotuwawewiwozazezoaudwedwonwaptetwetwo
Signe𐀀𐀁𐀂𐀃𐀄𐀅𐀆𐀇𐀈𐀉𐀊𐀋𐀍𐀎𐀏𐀐𐀑𐀒𐀓𐀔𐀕𐀖𐀗𐀘𐀙𐀚𐀛𐀜𐀝𐀞𐀟𐀠𐀡𐀢𐀣𐀤𐀥𐀦𐀨𐀩𐀪𐀫𐀬𐀭𐀮𐀯𐀰𐀱𐀲𐀳𐀴𐀵𐀶𐀷𐀸𐀹𐀺𐀼𐀽𐀿𐁂𐁃𐁄𐁅𐁇𐁌𐁍
Comment relire les signes ?

La relecture rend chaque signe sous sa syllabe conventionnelle et les relie par des traits d’union : 𐀏𐀫𐀳 revient donc en « ka-ro-te ». Les lettres étrangères à l’ensemble restent à leur place. Il s’agit d’une notation mécanique du générateur, et non d’une reconstruction de l’orthographe mycénienne historique.

Pourquoi des syllabes plutôt que des lettres ?

Le système fut appliqué à une langue qu’il ne pouvait pas noter précisément : il ne distinguait pas les consonnes sonores des sourdes, employait une seule série pour r et l et ne savait pas écrire une consonne en fin de syllabe. Un même groupe de signes pouvait donc correspondre à plusieurs mots grecs, que le lecteur tranchait d’après le contexte du compte.

Voir aussi: Alphabet phénicien · Hiéroglyphes égyptiens

Histoire et faits intéressants

Le linéaire B nota le grec mycénien à la fin de l’âge du bronze. Environ 89 signes phonétiques représentaient des voyelles ou des syllabes ouvertes consonne-voyelle, avec des logogrammes et des nombres. Les tablettes conservées étaient surtout des documents administratifs sur personnes, biens et économies palatiales ; des incendies les ont parfois cuites par accident. En 1952, Michael Ventris démontra que la langue était une forme ancienne de grec, en s’appuyant sur les travaux antérieurs d’autres chercheurs.

Ce que cet outil ne fait pas

Le générateur ne traduit pas en grec mycénien et ne fournit ni les logogrammes ni les chiffres sans lesquels une tablette réelle n’avait aucun sens. Il ne vérifie pas non plus qu’une syllabe pouvait figurer dans un mot mycénien : il convertit simplement votre saisie en signes de l’ensemble.

Comment le linéaire B a-t-il été déchiffré ?

Les tablettes ont survécu par accident : jamais cuites, elles furent durcies par les incendies qui détruisirent les palais de Cnossos et de Pylos. Alice Kober montra que les mots portaient des terminaisons régulières et, en 1952, Michael Ventris annonça le déchiffrement, prouvant avec John Chadwick que la langue était une forme ancienne du grec. Le linéaire A, plus ancien, demeure illisible.